Quand l’exigence de vérité devient secondaire…
Les propos mensongers se banalisent, s’oublient et ne sont plus sanctionnés. À l’inverse, ils peuvent être perçus comme un outil de questionnement et de confrontation vis-à-vis des élites dirigeantes.
Les propos mensongers se banalisent, s’oublient et ne sont plus sanctionnés. À l’inverse, ils peuvent être perçus comme un outil de questionnement et de confrontation vis-à-vis des élites dirigeantes.
Quel rôle les universités, les scientifiques doivent-ils jouer, en tant qu’actrices et acteurs des mutations de l’espace public de débats et en tant que transmetteurs de savoirs ?
La notion de vérité, déjà fragilisée dans nos sociétés, a été particulièrement malmenée pendant la crise sanitaire, notamment par la multiplication des théories du complot.
L’explosion du volume d’informations, la multiplication des médias rendent de plus en plus difficile la vérification des informations diffusées par les hommes politiques ou les groupes d’influence.
Les explications qui sont fournies, si elles sont assorties d’une justification jugée crédible, nous paraissent vraies même lorsqu'elles n’ont aucun sens.
Le dandysme épistémique n’est ni un complotisme, ni un relativisme ; mais en détournant le concept d’esprit critique, il contribue à dégrader les liens entre l’université et la société civile.
Le complotisme est la grande affaire de ces dernières décennies. Et les choses sont parties pour durer, et même s’amplifier. Ce constat sert de point de départ au dernier essai de Pascal Lardellier.
Quand le rétablissement de la vérité des faits est la preuve ultime du bien-fondé du mensonge, alors il n’y a plus de débat démocratique possible.
Soixante ans après les faits, l’assassinat de « JFK » continue de susciter les théories les plus diverses.
Crise de la démocratie et crise de la vérité sont liées. Mais nous vivons aussi une crise du sens, distincte, qu’exploitent les ennemis de la démocratie.